Chroniques

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Chronique, Camille, Pavillon Vendôme, aix en prove Chronique, Charlotte et Jean-Baptiste, couloir Rue Chronique, Fumika, Rue Mignet, Aix en provence. 20 Chronique, Mathieu, Atelier rue Emile Tavan, Aix e

Ce qui peut frapper le regard quand on observe mes images c’est le doute: s’agit-il de peintures ou de photographies ? En s’approchant l’incertitude vite se dissipe et c’est avec cela que j’ai décidé de démarrer, en jouant à produire un effet de tableau. Elles montrent, de façon récurrente, une personne, plusieurs personnes, certaine fois moi même, posant dans un décor intérieur ou en extérieur, fréquemment nues, au centre d’une image sobre et composée, peut-être, une certaine image de la solitude.
Cet élan fragile qui nous maintient en équilibre entre paysage et figure, entre nature et identité. L'autoportraits ou les portraits alors ne sont que prétexte à abstraire de l'évènementiel ce qui définit l'humain, cette forme vivante faite de mémoire et de rebonds, cette figure de la femme en harmonie avec elle et le monde, bref, en vie.

Mais aussi des fictions qui s’élaborent avec plusieurs personnages sans en comprendre vraiment l’histoire, mais plutôt un questionnement, ces instants laissent au regardeur le soin de s’inventer des suites qui vont au-delà de la première apparence. La direction d’acteurs, ou dans ce cas des modèles, est complexe et l’instant choisi pour déclencher une photographie est délicat pour qu’en quelques images on présuppose autre chose qu’un instant saisie au hasard. C’est là où je pense que le sujet gagne en densité et fortifie l’étrangeté parce qu’il est un Nu, signifiant plus intensément et sobrement la chronique. L’incertitude que l’on a, à comprendre l’évènement augmente nos scénarios et donc excite notre imagination. L’étrangeté de la situation, comme Camille dans un Jardin très construit que l’on retrouve dans un endroit à l’abandon multiplie les lectures par leurs contrastes.

Alors, en peinture, comme plus tard en photographie, ou, plus tard encore, en vidéo, il faut un modèle. Le modèle, c’est à la fois celui dont on s’inspire pour accomplir l’œuvre, c’est aussi celui, parfois, que l’on copie, c’est aussi celui que l’on modèle au gré de ses désirs afin de donner forme à l’œuvre, forme à son désir. Le modèle est soumis à la pose, au temps de la pose, comme l’est, au temps de pose, la photographie. Mais le paysage est forcément essentiel dans la mise en scène que je souhaite faire évoluer.

La narration dans la photographie contemporaine, cela fait explicitement référence à des légendes, à des mythes modernes et d’autres nous proposent une description moins directe mais plus ouverte d’une chose dont nous saisissons l’importance par la place qu’elle occupe dans l’image mais dont le sens dépend de notre imaginaire et de notre état d’esprit.
Ce champ de la pratique photographique est souvent appelé « photographie- tableau » ou « tableau photographique », car le récit y est concentré dans une seule image.

La photographie contient l’intégralité d’un récit.

Il est possible de considérer la photographie-tableau comme l’héritière de l’art pré photographique, et plus précisément de la peinture figurative des XVIII ème siècles et XIXème siècle, étant donné qu’elle repose elle aussi sur le fait que le spectateur est culturellement capable de reconnaître un ensemble de personnes et d’accessoires comme formant un moment significatif d’une histoire.
Néanmoins, il ne faut pas croire que cette affinité de la photo contemporaine avec la peinture figurative est le résultat d’un mimétisme ou d’un désir de faire revivre cette forme. Mais témoigne en revanche d’une même volonté de comprendre comment une scène est construite de façon à ce que les spectateurs reconnaissent qu’une histoire leurs est racontée.


Pour Jeff Wall, par exemple, si la photographie est un moyen « up to date » pour créer des images qui s’inscrivent sans anachronisme dans notre monde moderne, il la conçoit aussi dans le prolongement des problématiques picturales classiques. De même, Jean-Marc Bustamante cherche à « faire des photographies qui aient valeur de tableau » et qui proposent des représentations plutôt que des reproductions.

Le vrai intérêt des références est peut-être en ce qu’elles nous permettent maintenant de regarder un Vélasquez en pensant à Jeff Wall, ce qui personnellement m’amuse.