Ordinary

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Ordinary

Le titre de cette exposition est ordinary. Une lignée théatral prend une nouvelle forme se crée dans mes dernières séries, notamment par les cadrages, où s’élabore un genre de partition, où le moindre détail prend toute sa mesure. Par ailleurs, de manière inconsciente ou réfléchie, un trouble se forme chez le regardeur, un érotisme sans artifice se met en scène. Et ces archétypes de modèles, hommes ou femmes, de natures confondues, à l’expression absente ou préoccupée, posent dans des attitudes qui confirment ce qu’on déduit de leur regard. Il y a comme un mal être dans l’air, ou tout simplement un vertige pour le regardeur dans la fabrication d’un moment décisif théâtralisé. L’autoportrait ou les portraits ne sont alors que prétexte à mettre en scène mes états d’âmes.

Les personnages intégrés dans un espace comme une composition picturale, errent, graves et absents, d’une beauté inexpressive. Souvent les espaces qui les cernent sont comme des décors, ou des scènes d’un film, dans lesquels on perçoit une sorte de «présence-absence». Le regard ou les éléments choisis servent à suggérer un hors-champ dans lequel le spectateur est invité à se projeter. Je cherche ainsi à créer des images narratives, fragmentées, où je mets en scène des moments de fragilité dans des décors dépouillés et froids, qui sont des lieux de vie ou de passage. J’utilise le plus souvent une lumière neutre qui renforce cette idée de solitude, de huis-clos. Il y a donc peu de personnages qui occupent l’espace dans ces mises en scène, mon souhait est de continuer à faire évoluer et modeler ces images à ma convenance, en utilisant toutes sortes de codes sans créer de confusion dans mon travail. Je suis en perpétuelle recherche projetant mes modèles dans une dimension narrative.  
Cependant la question du ordinaire m’intéresse également, dans le sens d’un banal théâtralisé utilisant des gestes, des attitudes du quotidien, du supposé instant décisif, «rien ne bouge, ni s’agite : le monde est là en attente du regard peut être» comme le dit Dominique Baqué dans ‘Photographie plasticienne, l’extrême contemporain’.